J'avais déjà parlé du Cincle plongeur, petit oiseau des rivières de montagne.
En montagne, je ne perd jamais une occasion d'aller à sa rencontre même si parfois l’échec est au rendez-vous. Il n'est pas facile à trouver.
En ce début janvier, le froid s'est abattu dans les Alpes, les températures restent négatives même au meilleur moment de la journée.
Le froid est mordant mais l'envie d'observer le Cincle prend le dessus.
Un petit tour en bord de Durance permettant de repérer 2 individus qui font des A/R à un même endroit. Cela ressemble à un futur nid dont la reproduction n'est pas loin.
Un individu reste plus proche de la zone tandis que le second fait des A/R plus importants.
Un petit moment à observer le manège.
J'essaie aussi de repérer une zone ou je pourrais rapidement faire un affut en toute discrétion.
Le lendemain retour sur site, le point ou je pensais faire un affut reste difficile d'accès compte tenu de la végétation et j'évite de m'approcher trop près de leur lieu de repli afin d'éviter un dérangement inutile. Je n'insiste pas... cherchons un autre endroit...
Le soleil est parti, un vent souffle au dessus de la rivière et le froid commence à être vraiment présent.
En revenant sur mes pas, on l'observe au bord de la berge en train de se nourrir.
Je profite d'un petit ilot avec des branches au milieu de la rivière pour m'approcher discrètement. Je m'allonge derrière les branches dans le sable.
Je peux enfin l'observer à souhait !
Le cadre est sympa, il est la au milieu de la berge entouré de branches prises dans la glace, quelques traces de neige également.
Il ne craint pas le froid et continue son va et vient sous l'eau.
Ses plumes sont hydrofuge évitant de se mouiller et de ressortir toujours sec. Les pattes des oiseaux ont des températures plus froides que le reste du corps évitant ainsi le froid et le gel.
Allongé derrière mes branches mortes, je profite de l'instant mais la grosse erreur est d'avoir oublié mes gants, le froid me rappelle à une dure réalité, mes mains sont terriblement frigorifiées par le vent, je résiste tant que je peux.
Il arrive à un moment ou celles-ci deviennent violettes, je n'arrive plus à appuyer sur les boutons de l'appareil et la douleur devient tellement difficile que je suis obligé d'abandonner mon Cincle à son déjeuner qui lui ne souffre pas du froid.