Présentation de l’espèce :
Habitat:
Martin-pecheur, seigneur de la pêche, a besoin de plan d’eau poissonneux.
Milieux fréquentés: Les étangs, les marais, l’estran (quand la mer est calme), cours d’eau lent sont ses lieux de prédilection lorsqu’il y a des poissons, des crustacés.
Zone de nidification: il fréquente les berges meubles et sableuses ou il peut creuser une galerie pour construire le nid à l’abri de la lumière et des prédateurs.
Indices de présence:
Détecter Martin-pêcheur peut prendre du temps, les observations peuvent nécessiter 1 à 2h, son territoire est de l’ordre de 1 à 2 km.
Avant de chercher toutes traces de présence d’un Martin-pêcheur (fientes, pelote de réjection):
–Repérer les perchoirs: La première étape est de repérer des branches au dessus de l’eau. Si il y a des poissons alors il y a de très fortes chances que Martin y viennent se percher pour pêcher à l’affut.
–L’écoute: Ecouter éventuellement son cri typique, sifflement aigu en vol.
–Surveiller la surface de l’eau: Observer au ras de l’eau, il est possible de voir une petite fusée bleue traverser la zone à grande vitesse.
Période d’observation:
La présence de l’oiseau varie selon la typologie du site.
Site d’hivernage: Il y a des secteurs ou sa présence est uniquement hivernale. Il s’éloigne au printemps pour rejoindre des secteurs propices à la nidification notamment les berges sableuses avant de revenir fin aout ou début septembre.
Sédentarité: En d’autres secteurs, il est présent toute l’année si le biotope lui permet de répondre à l’ensemble de ses besoins.
Attention, au printemps en période de nidification, il faudra être prudent voir s’abstenir pour éviter le dérangement.
Comportements clés:
Pêche à l’affut: Martin posté sur sa branche, observe le plan d’eau, bouge la tête, se tourne sur lui-même. Si une proie est repérée, il effectuera un piquet magistral dans l’eau et reviendra avec son poisson dans le bec.
Vol du saint esprit: Si le plan d’eau est agité, il peut pêcher en vol en réalisant le vol du St Esprit. Il va se positionner à quelques mètres au dessus de l’eau en battant rapidement des ailes.
Distance de sécurité: Si il s’envole à votre arrivée, vous vous situez dans sa zone de sécurité, il vous a reperé
Si il commence à osciller sur son perchoir, c’est le signe d’un stress intense, il faut s’éloigner rapidement.
Si le dérangement est trop intrusif, Martin arrête de s’alimenter, il faut partir .
Astuce d’identification: Mandibule inférieure orange, c’est une femelle, le bec entièrement noir, c’est un mâle.
Note biologique:
Le Martin-pêcheur est un oiseau avec un métabolisme très rapide et système cardio-vasculaire sensible au stress. Un stress trop fort peut provoquer un arrêt cardiaque.
Un peu de Physique:
Le Martin vous semble d’un bleu éclatant. C’est une illusion d’optique ! Ses plumes ne sont pas bleues, le pigment bleu n’existe pas dans la nature. C’est ce que l’on appelle en Physique l’effet Tyndal du nom du physicien. La lumière est encapsulé dans des bulles d’air du plumage, celle-ci diffuse et renvoie la partie du spectre correspondant à la longueur d’onde du bleu et le reste du spectre visible est alors absorbé par une couche de mélanine sous les plumes.
Matériel conseillé:
Boitier: il faut privilégier un boitier avec un auto-focus (AF) réactif et mode rafale rapide pour décomposer ses mouvements fulgurants
Objectif: Un zoom 150-600 ou 200-500 mm offre une bonne polyvalence pour la composition des images.
Support: Un trépied est vivement recommandé. Il permet de se reposer lors des périodes d’attentes et évite des mouvements brusques pouvant effrayer l’oiseau
Camouflage: Une tente affut et une tenue de camouflage ou filet sont indispensables pour se fondre dans le paysage.
Réglage indicatif: Pour le mouvement, le vol, le piquet, une vitesse minimale de 1/2000s
Pour un oiseau posé, des vitesses de l’ordre de 1/500s sont suffisantes et si l’oiseau est vraiment immobile, on peut descendre 1/200s.
Règles d’éthique :
Une photo ne doit jamais impacter la faune ni détruire le milieu
Interdiction dans les zones protégées: Respecter la réglementation des réserves et espaces naturels.
Pas de photo au nid: Eviter les prises de vue sur les berges. Le dérangement pourrait provoquer la fuite des parents conduisant la mort des oisillons.
Préserver le biotope: Ne modifier pas l’environnement, ne piétiner pas les berges ou les herbes, éviter de couper les branches qui pourraient gêner, ne modifier pas les cours d’eau (petit barrage, branche …)
Refus d’artifice: Bannir les poissons dans une bassine ou un appâtage artificiel visant à contraindre l’oiseau à se poser à un endroit précis. La beauté d’une photo réside dans l’authenticité de l’instant et du comportement naturel.

Martin-pêcheur au lever du jour un matin d’hiver. Les températures sont négatives, le sol est couvert de givre. Martin est déja actif.
Exif de la photo: ISO 6400-vitesse 1/640s-500 mm-f5.6